Ad vitam aeternam

23, 24 août et 6 décembre 2009

Cette série, c'est ma vie.
Aussi loin que je me souvienne, le premier épisode que j'ai vu, c'était chez Brigitte, rue de Bercy. Elle avait la télé dans sa chambre et j'ai découvert Urgences, vautrée sur son lit. Je suppose que ce fut le coup de foudre, parce que je ne m'en suis jamais lassée. Je ne sais pas exactement quel âge j'avais. Au hasard, je dirais entre huit et dix ans. Peut-être à peine huit, même, parce que je me souviens d'un épisode ancien, d'une des premières saisons.
Je n'ai pas suivi la série immédiatement. À l'école primaire, j'allais encore au lit avant dix heures du soir, mais il me semble je suis retombée dans la marmite d'Urgences quand je suis entrée en 6e, avec la saison 5, le départ de George Clooney et tout ce qui s'en suit...
J'ai à mon actif, quelques dîners sautés pour ne pas en rater une miette d'épisode, quelques rédactions écrites après onze heure du soir, ou encore quelques belles prises de chou avec mon frère qui voulait regarder le foot ou les Simpson. (Je détestais les Simpson !)
A une époque, on avait deux télés à la maison : une grande dans le salon et une petite dans le «bureau» où, comme par hasard, gisait un matelas à même le sol sur lequel on s'affalait à loisir pour regarder la télé. On commençait par Sabrina et Sister Sister sur Canal J et on enchaînait avec Urgences, les dimanche soir. J'ai un souvenir très vif d'avoir vu Carol accoucher de ses jumelles ou Paul Sobriki poignarder Carter le soir de la Saint-Valentin, allongée à plat ventre sur ce matelas.

Ma 6e, c'est aussi l'époque où j'ai repéré la fille au sac Kangol, au collège. Elle avait l'air sympa, manque de pot, elle était en 6e3 et moi en 6e5. Et puis, un lundi soir après les cours, on s'est retrouvé sur le chemin du gymnase pour notre première séance de badminton avec le centre sportif du collège. Elle me battait tout le temps, je restais invariablement dans la poule la plus basse et je n'ai aucune idée de comment on en est venues à parler d'Urgences, mais c'est comme ça qu'on a appris à se connaître. L'année suivante, on était dans la même classe et on est devenu amies.
Qui dira que Silvia ne fait pas partie de ma vie ?
Après quelques tourments personnellement familiaux, j'ai retrouvé Urgences avec la saison 8. J'étais en Troisième, j'avais 14 ans. L'âge de premiers émois, et c'est un certain Carter qui a occupé mon c½ur pendant quelques années... Je me souviens d'une antipathie grandissante pour l'infirmière qui lui courait après et de nombreuses heures à faire hurler la prof de latin en commentant les derniers épisodes avec Silvia, même séparées par deux places vides et au primer rang ! Je prenais, par ailleurs, un malin plaisir à arriver en retard à chaque heure de cours de cette vieille folle narcissique. Bref ! Il n'y en avait plus que pour Carter, résultat, à la fin de la saison, j'aurais bien arraché les yeux d'Abby...
Qui dira que les premiers émois et les premières onces de jalousie ne font pas partie de la vie ?

À mon entrée au lycée, je suis devenue folle. Je me suis mis à découper tous les articles que je trouvais dans les magazines d'ados et à saccager le Télérama toutes les semaines. J'avais collé toutes les photos récoltées dans mon agenda qui faisait alors le double de son poids et le triple de son volume. J'avais le net de peu et déjà repéré un site intéressant sur Urgences. Un site avec un chat. Alors j'ai sympathisé avec Joanna qui s'est avérée, par la suite, s'appeler Laura, puis avec Jerem', et même avec un certain Alex. Dans ma classe, j'ai fait la connaissance de Chloé après l'avoir entendu décrire le moment du début de la saison 9, où l'abjecte Dr. Romano a le bras tranché par une pale d'hélicoptère. J'ai aussi fait connaissance avec Laure qui m'écoutait détailler les épisodes de la veille d'une oreille moqueuse et enjouée. Je hurlais à la mort quand on avait des invités, le dimanche soir, et Urgences rendait la rentrée supportable. Je ne pouvais pas dormir après deux épisodes inédits, alors j'écoutais en boucle le premier album de Norah Jones pour me calmer. Cette habitude a commencé le jour où une de ses chansons a clos un épisode.
Je me prenais pour un médecin urgentiste le lundi matin, en TP de chimie, avec mes belles lunettes en plastique de scientifique.
Je rêvais de voir s'inscrire Dr. John Carter sur le revers gauche de ma blouse blanche, usée jusqu'à la corde par des générations de lycéens. Soit dit en passant, je n'ai jamais compris ce qu'on faisait, dans ce cours...

Après l'heure de gloire de la télévision, favorisée par tous les jeunes ados de la planète (au moins ceux de ma génération), j'ai développé une phase d'addiction au net. .J'y ai fait des rencontres en tous genre, qu'elles aient rapidement perdu de leur saveur, qu'elles soient restées agréablement lointaines ou qu'elles n'aient rien perdu de leur intensité, je ne les regrette pas le moins du monde. C'est comme ça, qu'un soir, dans une conversation que je tenais sur MSN avec le Jerem' suscité, où je l'interrogeais sur la disparition subite de Joanna et constatant qu'il ne me répondait pas très vite, cette question qui devrait donner une nouveau cours à ma vie. Sachant que son pseudo indiquait Dr.Carter, je lui ai demandé s'il ne « parlait pas avec Abby LOCKHART, au moins ».
(Pour ceux qui ne suivent pas : Carter était le petit ami officiel d'Abby, dans l'actualité de la série, à l'époque, et je n'aimais toujours pas beaucoup celle-ci).
Figurez-vous qu'il m'a répondu «Ben si, justement ! » et qu'a l'instant d'après débarquait dans notre conversation ladite abbylockart@... qui n'a jamais quitté – et pour cause – ma liste de contacts.
C'est à partir de ce moment que j'ai entamé une relation passionnelle avec mon ordinateur. (Non, ne disons pas autre chose, ça serait du déjà vu). Je crois même que, si j'ai fait une crise d'ado, c'était à ce moment là. Je m'explique : j'avais trouvé quelqu'un(e) avec qui je me plaisais assez à converser (le mot est faible) et qui était connectée aux mêmes heures que moi. L'alibi en or pour oublier de faire ces devoirs, puisqu'elle ne le faisait pas, pour se faire appeler quinze fois à dîner, puisqu'elle avalait le sien en dix minutes, et pour s'attirer les foudres familiales quant à la durée d'utilisation de l'ordinateur. J'ai même failli redoubler ma Seconde, avec mes conneries. Ceci dit, ma patate avait mis sa main à couper pour mon passage en 1ère, et elle a toujours les deux après tout ce que je n'ai pas réussi depuis, alors je crois que tout va bien ! Je vous passe le laïus que vous connaissez aussi bien que moi sur ce qui c'est passé les six années suivantes : qui a dit qu'Aurel ne faisait pas partie de ma vie ?

Pendant ce temps, les années ont suivi leurs cours, les saisons d'Urgences ont perdu de leur qualité et les personnages ont bien trop changé pour que j'arrive à les apprécier à leur juste valeur. Je me suis un peu lassé de parler des heures durant à des gens, partageant les mêmes goûts que moi certes, mais dont je me rendais bien compte que je ne les rencontrerais jamais dans la vie réelle ou que je ne leur trouvais plus tant d'intérêt que ça... Accessoirement, les examens et les plans d'orientation ont trouvé échéance. J'ai grandi en somme, mais je suppose que, comme moi, aucun des gens que j'ai «côtoyé» à l'époque ne regrette ces instants de joie et de peine partagés à travers notre équipe d'urgentistes préférée. Qui a dit que grandir ne faisait pas partie de la vie ?

Dans tout ça, le président de France Télévisions a changé, lui aussi et il a décidé de changer toutes mes petites habitudes d'aficionado, en plaçant d'abord la diffusion d'Urgences en deuxième partie de soirée à partir de septembre, puis au même horaire mais pendant l'été et enfin a-t-il daigné le remettre en première partie de soirée, mais toujours pendant l'été. Autant de changements qui défavorisent l'audimat au profit des DivX, streaming et autre téléchargement.
Il y a eu l'époque où j'étais immanquablement accro à la télé tous les dimanche soirs de début septembre à mi novembre, celle où je n'arrivais pas à m'endormir après deux épisodes inédits, et l'époque plus récente ou, avec ma patate, si on n'avait pas envie de dormir, on lançait l'épisode suivant et ainsi de suite pendant toute la nuit. On a même réussi à voir la totalité de la dernière saison en DivX et en 9 petits jours...
J'oublie là ma collection de DVD, qui sera enfin complète dans cinq ou six transactions, ou cadeaux de Noël ou d'anniversaire.... Transactions qui se sont multipliées depuis la nouvelle arrache-c½ur de la fin de la série. Quinze ans après, les scénaristes ont pris du poil de la bête en signant une dernière saison bilan-rétrospective-conclusion pleine de clins d'½il et de références chargés en émotion et en souvenirs, juste au moment ou on commençait à vraiment bien aimer tous ces petits nouveaux, qui nous paraissaient si mal venus quelques années auparavant.
Le retour de tous nos anciens favoris, n'a pas été sans nous rappeler que ça sentait le sapin...
Je suis désormais réduite à parler d'Urgences au passé avec une nostalgie certaine, mais toujours et pour encore longtemps, j'espère, avec les yeux qui pétillent.
Qui a dit qu'une page qui se tourne ne fait pas partie de la vie ?

Ps : un petit article sympa, sur le même thème :
http://seriestv.blog.lemonde.fr/category/urgences/
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# Gepost op maandag 07 december 2009, 07u35

Pyjama vinaigrette

8 novembre 2009

Fin de matinée d'un dimanche de novembre. L'ambiance, le temps et l'état d'esprit qui vont avec. Je viens de trouver une perle sur le net : une vidéo publiée sur le Post qui nous montre
Nathalie Dessay, Kool Shen, Frédéric Lopez et Philippe Torreton (rien que ça), pendant l'émission de Ruquier, diffusée hier soir. Les quatre chargent Eric Zemmour, qui, une fois de plus, nous sort ses théories à la mords-moi le n½ud à propos du dernier sujet à la mode : l'Identité Nationale.

Enjouée par ma trouvaille, je m'empresse d'aller raconter tout ça à ma maman, qui prépare son lapin au cidre pour le déjeuner dominical (c'est le cas de le dire).

Sauf que dans la précipitation, et comme notre cuisine n'est pas une cuisine mais un couloir en cul de sac, je veux passer derrière elle pour déposer un bol dans l'évier, quand je m'accroche à ce maudit panier métallique (de ceux qu'Ikea commercialise depuis des millions d'années), je me débats, je tente de rattraper le coup d'un déhanchement censé lui faire regagner son étagère d'origine. A ceci près, je rate mon coup. Ledit panier heurte presque de plein fouet les bouteilles d'huile et de vinaigre de l'étagère-palier du dessous (si vous êtes habitué(e) de ma cuisine, vous devriez assez bien visualiser la chose).

Résultat : décès d'une bouteille de 30cl d'huile de noisette et d'un demi-litre de vinaigre de Jerez. Sans préméditation : j'ai avoué il y a quelques temps ma préférence pour le vinaigre balsamique (di Modena, mon pantalon beige s'en souvient...), alors l'autre a beau être andalou, il l'aura bien cherché !

Le carrelage a moins aimé. Le verre brisé, les yeux qui piquent et les cheveux gras, c'est pas trop son trip. Quant à nous, on avait l'air bien bête aussi, à plus pouvoir circuler du tout pour cause de catastrophe culinaire dans le passage. La population du rouleau de Sopalin a sensiblement chuté, après quoi le balai à frange et la raclette ont fait leurs bons offices dans tous les petits coins de cette cuisine décidément bien mal foutue. Les pieds nus sont désormais proscrits dans cette infime partie du monde.

La journée passe comme un dimanche, même pas de prise de bec materno-fraternelle. Je bosse à reculons, je veux tirer profit au maximum des heures de répit qu'il me reste de ce weekend naturellement trop court. Je regarde le film du dimanche soir, et puis il faut bien aller se coucher... Je prépare mon barda pour la dure journée de demain, je me brosse les ratiches, je mets mon pyjama et là, Ô misère...

Il sent la vinaigrette !!
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# Gepost op donderdag 19 november 2009, 15u14

Automne doré

Automne doré
Il faisait bon, il faisait beau, les couleurs étaient magnfiques, le square Bolivar n'était plus éclairé, mais on était ensemble et on était en vacances, alors on en a profité pour se promener !

Parc de Belleville
27 octobre 2009
Vers 16h
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# Gepost op donderdag 19 november 2009, 15u10

Boot shaumont' ?

Boot shaumont' ?
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# Gepost op donderdag 19 november 2009, 15u07

Lucy in the Sky with Diamonds

Lucy in the Sky with Diamonds
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# Gepost op donderdag 19 november 2009, 15u05